Voyage dans l’espace
Le tourisme suborbital consistera dans un futur proche à permettre au plus grand nombre de personnes de prendre part à un bref voyage dans l’espace. Un tourisme spatial, activité nouvelle, qui pourrait marquer le XXIe siècle au même titre que l’essor de l’aviation a marqué le siècle précédent. Il serait en effet extraordinaire que dans quelques décennies, l’espace soit devenu une excursion courante proposée par plusieurs opérateurs, accessible à toute personne désireuse d’aller contempler la Terre en apesanteur, comme peuvent le faire les astronautes.
Ce type de tourisme de l’extrême ne sera pas tout de suite permis à tous, car financièrement coûteux et physiquement contraignant. Mais son ambition est qu’il se démocratise peu à peu : à terme le coût d’un vol suborbital deviendrait voisin de celui d’une belle voiture ; l’évolution des techniques de contre mesures physiques le rendrait accessible et supportable à toute personne justifiant simplement d’un état de santé correct.
Le vol suborbital sera-t-il bientôt l’activité phare d’un tourisme spatial accessible, un voyage dans l’espace pour chacun de nous ? (Avion Suborbital d’EADS Astrium
Dans ce dossier on trouvera tout d’abord la définition précise du « vol suborbital », qui n’est pas un concept nouveau mais un terme plutôt difficile à saisir. Puis l’historique récent de cette activité sera détaillée, et notamment sa caractéristique actuelle, moderne, qui est d’avoir impliqué des entreprises privées dans sa genèse et maintenant dans son développement. On parlera notamment du concours qui fût imaginé pour stimuler l’imagination des ingénieurs et « lancer » ce nouveau défi de l’astronautique. Ensuite seront présentés les projets actuels de véhicules suborbitaux qui devraient être opérationnels pour certains dans les trois années à venir, et pour d’autres à la fin de la décennie. Enfin quelques réflexions générales sur cette activité qui est encore balbutiante et peu susciter le scepticisme. Elle offre pourtant toute une gamme d’applications scientifiques dépassant son but initial qui est déjà fort respectable : rendre réel le rêve de voyager dans l’espace.
Certes depuis 2001, date du vol du premier « touriste spatial », Dennis Tito, on a vu des non-professionnels de l’espace s’offrir un billet pour l’orbite terrestre, et séjourner quelques jours à bord de la Station spatiale internationale. Mais le prix du vol (de 20 à 40 millions de dollars, et désormais supérieur à 50) ne va pas dans le sens d’un accès pour tous à l’espace.
Le vol suborbital, qui consiste à franchir la frontière de l’espace (la ligne de Karman) et revenir immédiatement sur Terre, est moins coûteux, plus simple techniquement, plus économe en énergie. L’astronef utilisé n’atteint pas la vitesse de satellisation et ne peut pas se mettre en orbite. Il possède juste assez d’énergie pour atteindre l’espace, mais ne peut s’y maintenir.
Après son décollage, il effectue une trajectoire « en cloche » qui culmine au-delà de 100 km d’altitude, et revient sur Terre en quelques dizaines de minutes. Néanmoins, ce bref vol permet aux passagers de vivre l’accélération d’un moteur fusée, de contempler la beauté de la Terre depuis l’espace, et de bénéficier d’un état d’apesanteur de quelques minutes.
Source : futura-sciences.com







